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Haïti: les zones d’ombre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse
weli info
lundi 12 juillet, 2021 - 17:54

Le chef de la police nationale haïtienne, Léon Charles, s’exprime lors d’une conférence de presse à la suite de l’assassinat du président Jovenel Moise, à Port-au-Prince, en Haïti, le 11 juillet 2021.

En Haïti, le directeur de la police nationale dit avoir mis derrière les barreaux un Haïtien, Christian Emmanuel Sanon. La police soutient que cet homme, qui se présente comme un médecin, est l’un des auteurs intellectuels de l’assassinat du président Jovenel Moïse. Il aurait recruté, à travers une entreprise vénézuélienne en Floride, les membres du commando qui se sont rendus à la résidence privée du président. Cependant, de nombreuses zones d’ombre subsistent dans cette enquête.

Le Miami Herald se demande par exemple comment cet Haïtien accusé d’être le cerveau de l’opération a pu financer ce commando de 28 hommes alors que son entreprise a déposé le bilan il y a plusieurs années.

Autre question : comment expliquer que personne d’autre que le président ne soit mort cette nuit-là, que personne ne se soit interposé entre lui et le commando ? Le quotidien haïtien Le Nouvelliste note que les responsables de la sécurité de Jovenel Moïse sont actuellement « sous le coup de mesures conservatoires ».

« Leurs armes de service leur ont été retirées » et ils doivent pointer matin et soir à « l’inspection générale ». L’un d’entre eux, Dimitri Herard, le chef de l’Unité de sécurité générale du Palais national, fait « l’objet d’une enquête aux États-Unis pour trafic d’armes », selon Ayibopost. Selon le journal colombien Semana, il fait de fréquents voyages en Colombie.

Quant aux fameux mercenaires colombiens : comment expliquer qu’ils n’aient pas fui après l’assassinat ? Selon Radio Tele Metronome, même Bogota parle aujourd’hui de confusion et fait part de sa solidarité aux familles de ces présumés mercenaires tués par la police.

Pour ajouter à la confusion, le mystère demeure autour d’une note vocale attribuée à la Première dame, largement diffusée sur des comptes Twitter officiels du gouvernement haïtien. Martine Moïse, blessée pendant l’attaque et soignée actuellement en Floride, y appelle à « poursuivre la bataille » menée par son mari. Mais ce message serait un faux, selon Ayibopost.

Le média indépendant haïtien a fait analyser la voix de la première dame par deux « groupes d’experts en intelligence artificielle ». Leurs conclusions laissent suggérer « un doute raisonnable » sur son authenticité.

rfi

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