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Khady Djibril Ndiaye, pilote de ligne: «J’ai piloté un avion avant de conduire une voiture»
weli info
mercredi 28 avril, 2021 - 11:48

Khady Djibril Ndiaye est pilote de ligne et instructeur en aviation aux Etats-Unis. La Sénégalaise s’est donné les moyens de rendre réel son rêve de gosse : piloter un avion. Elle encourage les jeunes, notamment « les filles », insiste-t-elle, à davantage s’intéresser à ce secteur, jugé parfois inaccessible.

Khady est  née et a  grandi à Dakar au Sénégal. Elle a déménagé à la Nouvelle-Orléans aux USA après le lycée pour poursuivre mes études supérieures. Elle est   sénégalaise  parle couramment Wolof.

Khady a  obtenu son diplôme d’études secondaires au Sénégal. Ensuite,  un Master en aviation et un autre en Administration des Affaires à Louisiana Tech University. Alors que qu’elle était étudiante, il lui arrivait d’effectuer des vols en aviation.

Après son Master, Khady a  travaillé en tant que spécialiste des opérations aéroportuaires dans un grand aéroport (Louis Armstrong New Orleans International Airport) à la Nouvelle-Orléans, pour acquérir plus d’expériences. Après deux ans, elle rejoint un programme accéléré puis obtenu ma licence de pilote professionnel en monomoteur et multi moteur.

Khady a également obtenu ma licence d’instructeur de vol certifié. Peu après, elle a  commencé à travailler dans une école de pilotage à Houston, pour former des pilotes, en licence commerciale. Elle cumule environ 1400 heures d’enseignement et  rejoint la compagnie aérienne United Airlines Express l’année dernière en tant que pilote de ligne. Cependant, khady djibril  donne toujours des cours de pilotage pendant mes jours de congé.

« J’ai toujours voulu devenir pilote ou mécanicien d’aéronef. Je ne sais pas d’où m’est venu ce désir mais cela a toujours été le cas. A l’école, mon niveau était plutôt bon, donc je voyais grand. Mes parents ont cru en mes capacités et m’ont été d’un grand soutien dans tous mes projets » confie-t-elle.

Juste avant d’obtenir sa licence, en pilotage privé, elle a  effectué mon premier vol en solo, sans instructeur. Elle est  devenue une pilote ce jour-là. « Je venais de piloter un avion toute seule ».

« Il y a toujours des situations drôles dans le métier de pilote d’avion. Parfois, vous êtes pris dans une tempête qui peut vous inquiéter et parfois vous pouvez avoir des pannes en plein vol. Mais, la solution est toujours de rester calme et de ne surtout pas paniquer. Je fais beaucoup de vol découverte pour des gens qui n’ont jamais été dans un petit avion. Un jour, j’enseignais à une jeune femme à voler, c’était sa première fois. Juste après le décollage, j’ai senti que le gouvernail était vraiment raide et je ne pouvais pas faire grand-chose. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Quand je l’ai regardée, j’ai vu qu’elle avait si peur qu’elle tenait trop fermement les deux commandes du gouvernail, ce qu’il ne fallait pas. Je lui ai dit qu’elle risquait de nous tuer et elle a lâché prise. Depuis ce jour, je m’assure de dire à mes clients de ne rien toucher jusqu’à ce que je leur demande de le faire ».

Piloter un avion, c’est aussi la gestion permanente de risques. Parfois, c’est aussi très stressant lorsque vous êtes confronté aux conditions météorologiques et aux pannes. « J’ai eu une panne électrique complète une nuit en plein centre-ville de Houston. J’ai dû réfléchir rapidement et trouver un aéroport pour atterrir en toute sécurité avec mon élève. J’ai également eu des problèmes de moteur pendant un vol, mais nous sommes formés pour gérer de telles situations. Nous sommes constamment sur nos gardes ».

Ses parents ont été d’un grand soutien. Son père  décédé quelques mois avant Son diplôme universitaire, mais qui  a payé tous Ses frais de scolarité, elle confie   ne pourrais jamais le remercier assez d’avoir cru et investi en elle.

« Il était toujours fier de dire aux gens que j’allais être pilote. Ma mère a également été ma rockstar . Elle m’a fait croire que je pouvais le faire et m’a toujours rappelé mes objectifs quand je voulais abandonner. Elle a prié et jeûné chaque fois que je me rendais à un examen. C’est comme si elle était à l’école avec moi. Mes frères et sœurs ont également été exceptionnels ».

Khady est sénégalaise à fond. Déjà toute sa famille vit au Sénégal. Elle  parle du Sénégal à tout le monde à chaque fois que qu’elle en ai l’occasion. Elle vient au pays au moins une fois par an. En quelques mots, elle est une fière sénégalaise.

 

Son objectif est d’inspirer autant de Sénégalaises que possible. ELLE  travaille avec d’autres personnes sur un projet qui offrirait du mentorat et des conseils non seulement aux jeunes filles sénégalaises mais aussi aux parents. Avec un peu de chance et après que cette pandémie du Covid-19, nous reprendrons nos activités. « J’ai appris à piloter un avion avant d’apprendre à conduire une voiture (Rire) ».

Khady  porte ses cheveux naturels parce que se dit   fière de ce qu’elle est. Vivre en Amérique m’a fait plus aimer ma peau noire. Par ailleurs, elle a  été surprise du nombre de personnes qui lui ont félicité pour ses cheveux naturels. Elle a  donc décidé de laisser tomber les tissages et d’embrasser sa beauté naturelle.

Par ailleurs, elle fait du bénévolat avec de nombreuses organisations qui travaillent pour de grandes causes protégeant les minorités, en l’occurrence les Noirs, les femmes et les enfants défavorisés. En adoptant un look naturel, elle veut montrer à ces personnes qu’elles doivent être fières de ce qu’elles sont.

Elle  veut que les Sénégalais sachent que le secteur de l’aviation est accessible à tous. « Nous avons tendance à nous limiter sur ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire mais il existe de nombreuses opportunités dans l’aviation. Une petite anecdote. Il y a deux ans, alors que j’étais au Sénégal, un ami proche de la famille m’a dit que le métier de «pilote d’avion» n’était pas pour nous Africains, et que nous devrions le laisser aux ‘toubabs » (blancs) ». Non, ces préjugés sont révolus. « Nous sommes tous d’égale dignité et d’égale intelligence. On apprend à piloter un avion tout juste comme on apprend à conduire une voiture. Mon dernier mot est d’inviter les parents à orienter leurs enfants dans le secteur et l’industrie aéronautique. »

 

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